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Ce blog présente les créations que j'ai réalisées cet été dans le cadre du Sentier Arte e Natura. Ce sentier artistique était organisé par l'Association Grandeur Nature dans le cadre d'un projet européen en partenariat avec les offices du tourisme du Queyras et de la communauté du Val Varaita .
Le site de Grandeur Nature présente le concept de ce sentier avec des photos et des vidéos.  En 2006 j'ai participé à une résidence d'artiste organisée par cette association.
Depuis plus de 10 ans, je réalise un travail artistique en lien avec la Nature. J'aime travailler dans et avec la Nature. Si vous souhaitez en savoir plus sur moi, je vous invite à découvrir mon site. www.piffard.ch
Vous pouvez également m'écrire vos commentaires. art-nature@piffard.ch
Merci pour votre visite.
Juin 2010
Tout commence par un projet...
Dans le courant du mois de juin 2010, j'ai été sollicité par Didier Mallet de l'Association Grandeur Nature pour envoyer un dossier de présentation et un projet pour participer à une résidence d'artiste. 
J'ai très vite pensé à utiliser un matériau qui est présent depuis quelques temps dans mes créations l'argile  et de réaliser une cuisson de cette argile en utilisant les techniques des fours primitifs.
J'ai imaginé une bibliothèque avec des livres fictifs en argile que je pourrais cuire sur place.
Je n'avais aucune connaissance sur la manière de réaliser une cuisson sauvage. Sur Internet, j'ai trouvé des informations précieuses et découvert la technique du four à papier. 
Fin juin, j'ai envoyé un dossier avec les deux projets ci-dessous.
 Le premier juillet, j’ai reçu une réponse positive.
La bibliothèque pour deux mains
Croquis de "la bibliothèque pour deux mains"
La bibliothèque est construite en pierre avec des longues branches de bois qui passent au travers des murs et qui forment les rayonnages pour porter les livres. Les dimensions de la bibliothèque et sa forme seront définies par le lieu.
À propos du sens de cette bibliothèque:
Nous sommes simplement de passage sur cette terre. Quelle trace allons-nous laisser, quelle empreinte allons-nous déposer sur la surface terrestre. Cette bibliothèque réalisée en pierre protège des livres symboliques fabriqués avec de l'argile. Pendant que je vais construire la bibliothèque le long du sentier, je vais inviter les promeneurs à fabriquer les livres en argile. À la surface de chaque livre, l’empreinte des  deux mains de chaque auteur signe leur ouvrage. 
Une bibliothèque à tous les vents sous la responsabilité de chacun.
La cellule
Croquis de "la cellule"
Elle est formée par un cercle de pierres posées au sol. Sur la partie externe, les pierres sont peintes avec l'argile. Le Coeur du cercle est constitué de morceaux de bois flottés coupés à la même longueur. Sur la partie intérieure du cercle, les pierres sont recouvertes de signes peints avec l'argile. 
À propos du sens de la cellule:
Le cercle s'inscrit remarquablement bien dans la Nature, notre oeil repère facilement cette forme. Le cercle évoque pour moi la cellule organique qui constitue tous les êtres vivants sur notre terre. Dans ce cercle, la partie centrale est réalisée avec des morceaux de bois qui sont comme les rubans d'ADN, la mémoire de l'humanité, enfouie au coeur de chacune de nos cellules. L'argile recouvre la pierre comme une peau protectrice mais vulnérable au temps qui passe.
Dimanche 25 juillet
Je quitte la Suisse pour le Queyras en passant par Embrun ou je fais une halte pour la nuit chez mon frère Nicolas. J'ai emporté avec moi 250 kilos d'argiles avec des couleurs différentes. J'ai la chance d'avoir près de chez moi un grossiste M. Timo Caspar – site : argile du moulin - Il me vend l'argile et me donne plein de conseils qui vont m'être très utiles pour la construction des deux fours et la conduite de la cuisson.
Lundi 26 juillet
Je n'ai que 50 kilomètres à faire pour rejoindre le Queyras en passant par l'impressionnante gorge du Guil. Je retrouve à Molines en Queyras Virginie et Mathias qui s'occupent des artistes (intendance, déplacement, matériel). L'après-midi, je vais voir avec Virginie le sentier  côté Queyras et je repère les lieux pour construire la bibliothèque et la cellule.
Mardi 27 juillet
Le matin, je commence les fondations de la bibliothèque. Elle sera sur une petite butte en terre proche du torrent, avec des jeunes mélèzes pour l’entourer. Je dégage le sol et réalise une fondation en pierres qui donne les dimensions des murs (environ 40 cm de large). L'après-midi, je pars en direction de l'Italie, je vais y séjourner jusqu'au 4 août.
Je passe par le col d’Agnel qui culmine à 2744 mètres d’altitude et fait frontière avec l’Italie. C’est un passage routier très touristique. Le Sentier Arte e Natura se déroule sur les deux versants de ce col.
Sommet du col d'Agnel versant Queyras. Au fond le massif des Ecrins
Derniers lacets du col d'Agnel versant Queyras
Sommet du col d'Agnèle versant Italien
Descente vertigineuse du col d'Agnel versant Italien
Après une heure de route et 2000 mètres de dénivelé, j'arrive dans la vallée du Varaita. C'est une région magnifique avec des villages typiques aux maisons construites en pierres. Elle est très fréquentée en été. Le sentier artistique se déroule à deux endroits, le long d'un chemin qui longe la berge du lac artificiel de Pontechianale et sur le sentier de montagne qui mène au refuge du lac Bagnour
Bas de la vallée du Val Varaita (en contre bas du barrage)
Lac artificiel et barrage. 
Au fond le col d'Agnel et le village de Pontechianale
Lors du repérage en début d'après-midi, je découvre au bord du chemin en terre qui fait le tour du lac, un socle rocheux avec une partie verticale qui borde le chemin. À environ 50 mètres de cet endroit, une grande clairière ceinturée de falaise et traversée par un torrent peut m'offrir des pierres à profusion. L'endroit est parfait pour construire la première bibliothèque et également « la cellula ».
En fin d’après-midi, je fais la connaissance de Lucas le gardien du refuge Grongio Martre où les artistes sont logés. Lucas avec efficacité et disponibilité se charge de monter au refuge avec un petit tracteur nos affaires et le matériel de Polska une artiste qui nous a rejoints ce jour-là. 
Un tracteur de montagne pour tout le barda
Passage très étroit dans un village
Dans la montée au refuge avec Lucas au volant
Faut s'accrocher la pente atteint plus de 25%
Le barrage de Pontechianale
La forêt qui entoure le refuge 
Vue sur le lac depuis le refuge
Le refuge Grongio Martre ouvert depuis cette année
Au refuge Leila, la femme de Lucas nous accueille. Le couple d’une très grande gentillesse vient d’ouvrir en mai 2010 ce refuge flambant neuf. Je fais également la rencontre de Pietro qui a pour surnom Peiu. C’est un grand Monsieur dans tous les sens du terme. Cet homme âgé de 70 ans est un artisan de la pierre de taille, il a construit pendant 10 ans pierre par pierre le refuge Grongio Martre (voir le bas de page de ce blog pour découvrir davantage le refuge). Je lui demande des conseils pour la construction des piliers en pierres de ma bibliothèque. Il me donne plein d'explications et d'astuces. C'est un homme très attachant, il se dégage de lui une générosité et un sens profond de l'hospitalité. Il parle un peu le français ce qui pour moi est précieux car je ne parle pas un mot d’italien. Ici dans cette vallée les habitants parle encore la langue d'Oc qui était la langue première bien avant l'Italien. C'est la langue maternel de Peiu.
Mercredi 28 juillet
Lucas me prête une vieille brouette pour le transport des pierres. Je descends par le chemin en faisant un bruit d'enfer, le refuge est situé à 20 minutes à pied de la route.
Près du barrage nous disposons d’un local pour les artistes pour y travailler et entreposer notre matériel.
Je prépare toutes mes affaires que je dois transporter de l’autre côté du barrage. Dans un processus créatif dans la Nature la notion du transport n’est pas toujours simple à gérer et prends du temps et de l’énergie.
Sur place, je m’installe au bord du chemin pour solliciter les passants à réaliser des livres en argile. Les personnes intriguées s’arrêtent. Une discussion s’engage dans un mélange d’italien, de français, d’anglais et de jeux de mains. Les personnes participent facilement et réalisent avec joie les livres. Les deux dessins des projets apportent une contribution à la compréhension des créations en construction.
À la fin de la journée, je dispose d’une quinzaine de livres et j’ai commencé à  monter les deux murs de la bibliothèque.
Installation au bord du chemin
Les livres en argile 
Jeudi 29 et vendredi 30 juillet
Je poursuis la construction de la bibliothèque. Dans un torrent proche, je trouve les bois qui vont servir de rayonnages pour les livres.   
La bibliothèque en construction
Pose des bois pour les rayons
Les passants s’arrêtent, discutent, commentent la création, certains jouent les interprètes pour moi. Je me sens bien pour créer et j’apprécie la simplicité, la spontanéité de tous ces échanges humains.
Le vendredi soir, je dispose de plus de cinquante livres que je fais sécher au soleil et la bibliothèque pour les accueillir est en place. J’ai peint les bois de la partie inférieure de la bibliothèque avec de l’argile.

Samedi 31 juillet

Je profite de la région, je prends le temps d’une balade matinale dans la forêt qui entoure le refuge. Mélèzes, pins cinabre, lacs et sous bois d’herbes et de fleurs s’offrent à moi. Marcher dans ce monde m’enchante et me donne de la force pour la journée.



Je commence la construction de « la cellula », un grand cercle de pierres peintes avec de l’argile et dont l’âme est faite de bois flottés ramassés au bord du lac. Travailler dans et avec la nature, avec ce qu’elle me donne sur place. Cette représentation de la cellule m’est inspirée par un livre que j’ai lu avant de venir « Le serpent cosmique » de Jeremy Narby , un anthropologue qui fait un travail de recherche remarquable sur l’intelligence dans la Nature et le rapport des hommes et des plantes. 
Son livre évoque les connaissances des chamans à partir de l’enseignement qu’ils reçoivent des plantes. Vous pouvez en savoir davantage en regardant cette conférence.
Dimanche 1 août
Je passe ma journée à finir la cellule. Cette création qui se construit en public plait aux passants, les personnes sont intriguées et posent des questions. Mais explications et les liens entre la cellule et l’ADN qui relient tout le monde du vivant leur permettent de donner sens à la création et de la percevoir avec un autre regard. Il y a dans ma démarche et dans celle des autres artistes du sentier cette proximité avec le public, nous sommes comme les peintres avec leur chevalet et leur toile qui peignent en pleine nature. Cet art est loin des galeries, des milieux artistiques, il s’adresse à tous. Le passant devient à la fois le spectateur et le gardien de l’œuvre. Je dresse à côté du cercle trois pierres posées l’une sur l’autre, symbolique de l’homme debout.





À proximité du cercle, je commence une autre aventure, la création du four à papier pour la cuisson des livres en argile. Je prépare le fond du four en argile et l’entrée du four avec des pierres posées comme un autel.
Base du four en argile
Lundi 2 août
Ce matin nous avons le vernissage du Sentier Arte e Natura. Un temps de reconnaissance et de convivialité pour les acteurs et les artistes du Sentier Arte e Natura.
Le cube blanc qui est la signalétique et le point de départ du sentier.
Inauguration du sentier versant italien
Montée au lac Bagnour  pour visiter et inaugurer la deuxième partie du sentier 
Repas au refuge Bagnour "la polenta" une merveille




L’après-midi, je poursuis la construction du four avec l’aide de Polska une artiste qui réside à Paris, elle est généreuse et joyeuse. J’aime son travail, son dynamisme et ses réflexions. Elle repart le lendemain et ne pourra pas participer à la cuisson ce qu’elle regrette. La construction du four est très intuitive avec l’aide de tous les éléments techniques que j’ai pu obtenir. Le four est magnifique, une véritable sculpture. 
 dépose des livres au fond du four


Mise en place d'un trépied pour adosser les planches
Pose des planches et remplissage de l'intérieur du four. Installation des évents à la base du four 
L'aide précieuse de Polska pour le travail de recouvrement du four avec le papier glacé et la barbotine

 
Mardi 3 août
Le matin, je finis le four et en début d’après-midi, je débute la cuisson. 
Début de la cuisson, un feu est allumé puis poussé doucement à l'intérieur par le tunnel à la base du four
Pendant plusieurs heures, je nourris le feu qui consume doucement le bois contenu dans le four, je dois obtenir du charbon de bois. Par la cheminée, un épais panache de fumée blanche s’échappe. Au bout de 6 heures, le four est très chaud et je l’entrouvre pour qu’il se consume. Les flammes prennent de l’importance et je ne suis pas trop rassuré car la forêt est proche. Il est 21.00 j’ai devant moi un grand tas de braises que je disperse. Avec la forêt à proximité, je ne veux pas partir sans que le feu soit éteint, je sors les livres du feu, il y a de la casse et beaucoup sont à moitié cuits. La cuisson est partiellement réussie, je dois en déduire des enseignements pour le prochain four en France. Vers 22.30 je remonte dans la nuit au refuge
video

Mercredi 4 août
Dernier jour en Italie, je prends congé de Lucas, Leila et Peio, je sais que je vais revenir ici pour un autre projet.
Avant de partir je dois installer les livres dans la bibliothèque et remettre en ordre le lieu de la cuisson. Il pleut légèrement, l’argile qui recouvre les pierres de la cellule commence à se désagréger. La nature reprend en douceur ses droits, elle commence son travail d’effacement, de transformation, l’œuvre est en mouvement.
Il pleut...


La bibliothèque pour deux mains




En fin d’après-midi retour en France dans le Queyras. Au col d’Agnel je retrouve Olivier de Sépibus un autre artiste. Il réalise à 2700m une installation de part et d’autre du col
Jeudi 5 août
Mon projet de base prévoit la construction de deux œuvres similaires en France et en Italie. Je décide de commencer par créer la cellule, la rivière proche peut me fournir toutes les pierres que je souhaite. Par contre pour la bibliothèque, j’ai besoin de pierres plus plates et anguleuses. Le torrent qui use la pierre et l’arrondit fait qu’elle devient instable pour la construction d’un mur. Je commence à être fatigué par toutes les pierres que je transporte (plus de 4 tonnes de pierres), heureusement j’ai le soutien de Didier, Stève et Virginie pour la logistique. Ils me trouvent une super brouette communale et organisent un moyen de transport pour aller chercher des pierres adéquates pour le mur de la bibliothèque.
À la fin de la journée, j’ai pu poser les 2/3 des pierres de la cellule, le travail prend forme et je me réjouis de le voir bientôt achever. Reste le bois de la partie centrale à trouver.
Vendredi 6 août
Je reçois la proposition de participer l’après-midi à une fête de villages à Moline en Queyras et de tenir un stand pour la fabrication des livres. Cette opportunité me va très bien, j’aime cette idée de faire participer les gens à une création.
Le matin, je finis toute la partie en pierre de la cellule.
Virginie me propose d’aller chercher demain les pierres pour la bibliothèque, du bois pour la fabrication du four à papier et des bois de rivière pour l’âme de la cellule.
L’après-midi, vers 15.00 sous le soleil sur la place du village, je m’installe pour mes livres. J’ai changé ma stratégie de fabrication des livres. La petite fête du village attire les familles, la participation pour réaliser des livres est grande et j’ai plaisir à voir petits et grands participer à la création. À la fin de l’après-midi, je dispose de plus de cinquante livres.
Trois fillettes passionnées de littérature
Samedi 7 août
Le matin nous montons au col d’Agnel chercher des pierres pour construire la bibliothèque. Nous allons en trouver juste en dessous du col. Nous chargeons plus d’une tonne et demie en deux voyages. Je suis soulagé d’avoir de l’aide de Virginie, Stève et un jeune dont j’ai oublié le prénom. Au bout de 15 jours, mon corps est fatigué et pour garder le moral cela devient difficile. Recevoir un soutien est précieux pour accomplir le reste du travail. L’après-midi, nous allons chercher avec Virginie et Caroline des bois flottés dans un torrent, mon choix se porte sur les branches de mélèzes dénudées de leur écorce et polie par l’eau, elles ont une magnifique teinte dorée. Nous rapportons ce précieux chargement au pied de la cellule. Je dispose les bois dans l’âme du cercle de pierres.

Dimanche 8 août
Le temps est magnifique et le ciel bleu-nuage du Queyras inonde de sa lumière les montagnes désertiques. Cela me fait voyager vers mes souvenirs des montagnes en Bolivie ou au Népal.


Je commence la construction des murs de la bibliothèque et je vais chercher les bois des étagères. Tout proche du lieu, je trouve 4 Mélèzes d’environ 8 à 10 mètres de long qui ont été couchés et déracinés par une avalanche. Le transport dans mon Renault express est assez coton, heureusement que je n’ai que de la piste à faire.   
En fin de matinée, mon frère Nicolas me rejoint et nous construisons ensemble la Bibliothèque. Je suis très content de sa présence qui me dynamise et également de vivre la fraternité dans cette création avec lui. Rapidement les pierres sont assemblées et la bibliothèque apparaît, elle me plait par sa force, sa masse et l’élan que donnent les bois qui passent au travers des murs. Il ne reste plus que la cuisson des livres, ce sera pour demain.
Lundi 9 août
Une longue journée commence. Le matin, je rassemble tout le matériel dont j’ai besoin pour la deuxième cuisson. Je vais avoir l’aide de Caroline pour la construction du four. J’ai choisi de le construire dans le lit du torrent tout proche de la bibliothèque. La technique est la même qu’en Italie, mais je veille à mettre les livres plus en hauteur et je les empile en forme de tour. Le four est constitué d’une base en argile posée directement sur le sol sableux pour former un foyer. Avec des grosses pierres, je forme un tunnel pour l’alimentation du four. 
Disposition des livres dans le foyer
La base du four avec les pierres pour former le tunnel pour introduire le feu
Je dispose ensuite des branches pour former comme un tipi contre lequel, j’adosse des planches. L’intérieur est rempli de petites branches, de sciure. À la base, je dispose 3 bouts de tuyaux pour faire une arrivée d’air. 
Installation du trépied et d'une boite de conserve pour réaliser le conduit de la cheminée
Ajustement des planches qui viennent autour du foyer
La structure est ensuite recouverte avec des papiers journaux glacés et de la barbotine pour les lier, le but est de former une coque en papier étanche avec au sommet une boîte de conserve qui fait office de cheminée. Plus de 10 couches de papier sont nécessaires pour former une carapace solide. Il est 16h00, le four est prêt pour la cuisson.
la cheminée du four
Le four est prêt à faire feu

J’allume avec des petits-bois un feu à l’entrée du tunnel, le but est de réaliser une cuisson lente dans la montée en température. Le bois à l’intérieur du four doit se transformer en charbon de bois. Le feu est alimenté en permanence et poussé à l’intérieur du tunnel. La vapeur d’eau s’échappe par la cheminée et forme un panache blanc.
Introduction progressive du feu


Des jeunes visiteurs fascinés par la magie du feu




La nuit s'installe, elle ajoute le mystère à la lumière du feu




Pendant la cuisson, Bertrand Bodin qui est le photographe du SAN me rend visite, nous passons avec son amie une excellente soirée. Bertrand photographie la Nature avec un immense talent, visitez son site et vous comprendrez. Il y a dans chacune de ses photos une poésie de l’esthétique et un profond respect du sujet. Sur son site, vous pourrez voir le travail des artistes du SAN. Un grand merci à lui.
La fumée permet de créer des effets avec ma lampe torche



À minuit, l’intérieur du four est très chaud, de 500 à 600 °, et la base est rougeoyante. Je crée une brèche dans la coque qui a résisté, le bois dedans est carbonisé et s’enflamme. Dans la nuit étoilée, j’assiste à l’embrasement du four un instant très fort et magique. Je suis seul dans le silence de la nuit et la force du feu. Pendant plus d’une heure le bois brûle avec ardeur, la chaleur dégagé est terrible, je vois des livres jaune incandescents dans les braises. Vers 1.30 du matin, il ne reste plus qu’un grand tas de braises. Je suis nase et je rentre me coucher.





Mardi 10 août
Le matin, je vais voir le résultat, une chose est sûre la cuisson a pleinement réussi et les premiers livres sont comme de la brique, mais la chaleur est encore très forte pour les dégager. Il me faut attendre l’après-midi et pour pouvoir sortir les livres je dois mettre des gants car ils sont encore trop chauds. Je récupère environ 30 livres intacts, les nuances des couleurs des terres sont magnifiques, une dizaine d’autres livres sont partiellement brisés et le reste a explosé en mille morceaux. Je trouve très fort le moment de la découverte après la cuisson et je suis heureux d’avoir pu réaliser cette cuisson avec succès cette fois.
Je dispose les livres dans la bibliothèque, le résultat me plait beaucoup. Je suis en paix, j’ai accompli mon travail, je suis allé jusqu’au bout et le résultat est là. Bien sûr il y a, entre le projet initial et le résultat final, des adaptations. Je n’ai pas pu faire l’échange des livres entre l’Italie et la France comme prévu et les livres en Italie ne sont pas suffisamment cuits. Je vais fabriquer d'autres livres cet hiver pour venir les installer en 2011.












Mercredi 11 août
Je repars en Suisse.


Je tiens à remercier de tout mon cœur, Virginie, Stève, Didier et Didier, Mathias, Caroline, et tous les artistes du Sentier Art et Nature. Merci vous êtes tous magnifiques.
Didier et Didier, Virginie et Stève

Le refuge Grongio Martre
Le refuge et la forêt tout autour. Inauguration du Sentier Arte e Natura

En bas Peiu, Leila et au balcon à gauche Luca
Le paradis est sur notre mère la terre, il apparaît parfois au détour d’un chemin. Niché dans la forêt, le refuge Grongio Martre en est l’émanation. La maison en pierres massives avec son toit de lauzes protège l’intérieur en bois de mélèzes. Ici vous êtes en paix dans le calme et la beauté. Les 4 chambres qui peuvent vous accueillir pour la nuit sont superbes. Lucas et Leila les anges gardiens du lieu sauront vous recevoir avec bonheur. Lucas est un artiste du fourneau, pains et pâtes maison, ici la cuisine est goûteuse et de saison.  Leila et Lucas maîtrisent la langue française à la perfection et ne manqueront pas d’échanger avec vous sur la vie dans ce coin de vallée, les balades autour du refuge. Merci à vous pour tous les moments délicieux passés en votre compagnie.
le refuge dans la brume matinale



Merci d’avoir pris le temps de parcourir  ce blog.


Toutes les photos sont de Jean-Yves Piffard

art-nature@piffard.ch

Création du blog octobre 2010